Les Commerçants

La société de Gilles « Les Commerçants » fut fondée le 23 février 1961 par Jules Desmarets et quelques sympathisants, au nombre desquels on compte André Capot, Emile Merse, Pierre Wincq, Pierre Dugauquier senior ainsi que Maurice Wéry. La plupart de ces Gilles provenaient des « Boute-en-Train ».



La société de Gilles « Les Commerçants » en 1967, 6 ans après sa fondation. (Photo Baugniet)
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On a parfois longtemps disserté au sujet de la nature de cette fondation, surtout lorsqu'elle s'est produite. Certains y ont vu un acte uniquement guidé par un motif politique. C'est là prendre un raccourci facile que de réduire le folklore et les amitiés qu'il tisse à une appartenance ou un idéal, quels qu’ils soient.

Que ce motif soit prétendu ou bien réel, il faut concéder qu'il appartient dans les esprits à la genèse de la société de Gilles « Les Commerçants ». Présentons-le donc.

Il faut savoir que le président de l'époque des « Boute-en-Train », Marcel Meunier, était aussi le secrétaire général du SETCA de la Région du Centre, le syndicat des employés de gauche.

Dans le pays, le vote de la Loi Unique en 1961 suscitait beaucoup de remous à tous les niveaux de la population, particulièrement à La Louvière, où le climat était devenu quasi insurrectionnel. Des rues étaient dépavées, la façade de la maison du ministre social-chrétien Pêtre avait été goudronnée, certains meetings politiques rassemblaient 40.000 personnes dans la ville.



Soumonces générales 1967 aux « Commerçants ». Le ramassage de Bouvy rejoint le Centre-ville.



Pendant trois semaines, écoles, commerces et services publics furent inexistants à La Louvière et contraints à la fermeture, parfois manu militari, par des membres des différents syndicats, dont le SETCA. Bien évidemment, cette situation entraînait un manque à gagner conséquent pour les commerçants de la ville. Jules Desmarets, boulanger à la rue Albert 1er, n'échappait pas à la règle et voyait son commerce fermé, comme d'autres indépendants parmi les « Boute-en-Train ». Cette situation fut à la base de tensions entre les membres de la société.

Elle ne constitua pourtant pas la seule raison qui provoqua le départ des fondateurs. Des motifs folkloriques furent aussi invoqués: un certain relâchement, voire du laisser-aller au niveau de la tenue du groupe en décevait plus d'un. De même, la mise en application de certaines décisions prises dans le cadre des assemblées générales tardait.

Faux? Vrai? Il appartient aux contemporains de cette affaire, dont beaucoup sont toujours en vie actuellement, de juger. Ce qui est certain, c'est qu'au travers de la naissance de cette société transparaissait avant tout la volonté de Jules Desmarets et de ses compagnons de faire du neuf et de partir sur des bases nouvelles, pour le plus grand bien du folklore. En effet, si une séparation est toujours difficile, la création d'une société de Gilles est une réalisation magnifique qu'on ne peut qu'encourager. Ce fut d'ailleurs la teneur du mot d'accueil du bourgmestre Fidèle Mengal lors de la réception du Laetare 1962 à l’Hôtel de Ville.



Jules Desmarets fut le président fondateur des " Commerçants ". C'est notamment grâce au soutien d'André Capot au secrétariat et d'Emile Merse à la trésorerie qu'il prit les risques nécessaires pour mener à bien cette entreprise. Le comité et les Gilles actuels lui sont toujours redevables de la discipline et de la tenue auxquelles il sut d'emblée amener son groupe. (Collection CRS)



Jules Desmarets franchit donc le pas. A l'issue d'une assemblée générale des « Boute-en-Train », où il avait présenté sa démission de la société, il rencontre au café Gabilla, au coin des rues Albert 1er et Sylvain Guyaux, Fernand Liénaux, qui lui suggère de fonder son propre groupe. L’idée fait son chemin et Jules Desmarets rassemble autour de lui d'autres Gilles qui fondent, le 23 février 1961, la société de Gilles " Les Commerçants ", dont le nom provient du fait que beaucoup parmi les membres fondateurs exerçaient cette profession. La société aura initialement son local au café " Le Mille-Colonnes ".

La société ne participe pas au Laetare 1961 mais foule le pavé de la ville pour la première fois à l'occasion de la soumonce en batterie du 14 janvier 1962. Sur cette photo de la première participation au Laetare, on dénombre 44 Gilles dont une dizaine de petits. Il y avait alors 21 grands Gilles et 2 petits qui portaient le chapeau. La batterie était celle des " P'tits Cots " et la musique, celle de Paul Bougard, dit " le Grand Paul ". Elle était composée de 14 musiciens.



Dimanche de Laetare 1986. Un ramassage des " Commerçants " est reçu chez Monsieur et Madame Fernand Liébin-Gondry. Le président Christian Genart congratule ses hôtes et amis Gilles à cette occasion. (Archives Communales)



Les relations entre les " Commerçants " et les " Boute-en-Train " furent parfois hautes en couleur durant les premières années, mais les susceptibilités se sont rapidement aplanies et l'entente est maintenant cordiale et sincère, pour la prospérité des deux sociétés. Homme de consensus et de parole, Jules Desmarets mena son groupement pendant 17 ans d'une présidence unanimement appréciée et céda le flambeau à Christian Genart en novembre 1978.

En 1985, le comité était composé de:

nPrésident: Christian Genart
nVice-présidents: André Capot, Robert Leblicq, Marcel Vray
nSecrétaire: Freddy Grégoire
nTrésorier: Roland Gossiaux
nCommissaires: Hugues-Marie Heureux, Jacques Ponceau et Luc Rosier
nComité d'admission: Christian Genart, Freddy Grégoire, Jean-Claude Balaes et Fernand Liébin



Soumonces générales 1996 aux « Commerçants ». La « cagnotte » du Hockey-Club prend pour thème « le commandant Cousteau ».
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Actuellement, les « Commerçants » constituent un groupe de 200 Gilles, qui a fêté ses 40 ans d'existence en ce Laetare 2001.

Leur local est établi au café " Le Forst ", rue Sylvain Guyaux, 20, à La Louvière. La société peut être contactée via l’email commercants@laetare.be

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