Les Paysans

La participation de Paysans au Carnaval de La Louvière est ancienne. Dans le Centre-ville, elle précède même l’apparition des Gilles. Tout commence en fait il y a 150 ans avec la société des « Vieux Paysans louviérois » (1860-1898).

Malgré la disparition de ce groupement folklorique depuis plus d’un siècle, il demeure intéressant d’en évoquer l’histoire car il a donné naissance à la première société de Gilles du Centre-ville de La Louvière : les " Boute-en-Train ".

En 1860, sous la présidence d’un nommé Jean Robert, existait une société composée de masques, de clowns, de pierrots et de quelques rares paysans au costume ancien. Cette société avait son local chez Joseph Roulez, cabaretier à Bouvy au lieu-dit « Le Pont de l’Olive ». C’était le « Salon Roulez », qui est de nos jours le café « Le Ring ». Derrière cette société animée par quelques musiciens faïenciers évoluait toute la jeunesse de ce quartier.

Vers 1865, un certain Alfred Pourbaix occupa la présidence de ce premier groupement. Il était né dans le quartier de Baume en 1843 et se faisait déjà remarquer par son dynamisme et son sens de l’organisation.

Alfred Pourbaix appartenait à la « Société des Gymnastes de l’Avant-Garde libérale », dont le local était établi à la rue des Amours. Il décida d’installer au même endroit le local de sa société des « Clowns et Paysans louviérois », ce qui lui permit de faire des recrues nouvelles et jeunes, par la même occasion.

Une photo de 1882 montre un artisan vitrier, le Père Lourette, entouré de ses deux fils, en tenue de Paysan et portant le balai et la gibecière. La tenue est ancienne et date d’avant 1878.



Centre-ville, 1882. Le Père Lourette et ses deux fils.
La tenue des Paysans est celle qui fut portée de 1860 à 1878.
A l’époque, la plume d’autruche est encore inconnue, des fleurs de papier ornent le chapeau.



A cette époque, on trouve déjà dans la presse des échos du Laetare. Le Journal de Charleroi mentionne pour la période 1883-1890, l’existence de la société des Paysans à La Louvière.

En 1883, un an après la création du Cortège du Lundi, elle obtient pour sa participation, la première prime attribuée à la société la plus représentative.

En 1884, la société participe au cortège mais renonce aux primes afin d’encourager d’autres groupements. C’est aussi à partir de cette année que viennent se joindre aux 80 Paysans, 7 à 8 Gilles du quartier. Ils sont conduits par Jean-Hubert Jongen.

Vers 1890, le groupe devient la société des « Vieux Paysans louviérois ». Une photo de cette époque montre deux paysans dans la tenue nouvelle qui fut alors adoptée. Dans cette dernière, les Paysans ne portaient pas encore la « barette » du Gille, le bonnet de tissu blanc, et leur chapeau était relevé à gauche comme à droite. Au point d’attache des deux plumes d’autruche brillait un motif doré (étoile et épis). Le ramon court fait de rameaux n’existait pas avant 1900. Comme le Gille, le Paysan portait le long et élégant balai tout enrubanné dans sa partie supérieure et fait de paille de riz. Trois ou quatre très longs rubans blancs flottaient derrière le grand chapeau fait de paille et entièrement tapissé de satin blanc. L’évolution vers le port de la barette et du chapeau relevé par devant ne se fera que vers 1920.



1890. Deux Paysans de la société des « Vieux Paysans louviérois » : Adolphe Decastiaux et François Liénaux. Le groupe compte alors 80 membres. La tenue est ancienne, mais postérieure à 1878.



En 1891, une scission survient au sein du groupement. Elle donne naissance à la société de Gilles « Les Boute-en-Train ». En effet, le triomphe du Gille va grandissant et plus d’un Paysan ne résiste pas à la tentation de porter la splendide parure du Roi du Carnaval. L’ancienne dénomination de la société est reprise : « Les Vieux Paysans, Gilles, Clowns et Pierrots ».

1894. A son tour, Alfred Pourbaix ne résiste pas au désir de faire le Gille et, tout en conservant son rôle de président des « Vieux Paysans », il part chez les « Boute-en-Train », dont il deviendra président quelques années plus tard, en 1898.

Quant aux Paysans, ils continuèrent à animer le Centre-ville et participèrent encore au Cortège du Lundi en 1898. C’était toujours Alfred Pourbaix qui présidait l’assemblée générale de 1897, mais la société fut dissoute l’année suivante.

Après 1900, apparaîtront sporadiquement quelques Paysans au sein du Cortège. En 1925, une société de Paysans, provenant du quartier du Bois de Saint-Vaast, participera au Carnaval et ce jusqu’en 1931, date de sa dissolution.



1967. La société des « Paysans » renaît grâce aux efforts conjugués du Syndicat d’Initiative de la ville et de Fernand Liénaux.



Actuellement, la société des Paysans des Ecoles de Baume perpétue la tradition des Paysans louviérois.
Elle peut être contactée via l’email paysans@laetare.be

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