Soumonces


Si le Carnaval, qui se passe généralement durant le mois de mars, est la partie la plus connue du public, il n’en demeure pas moins que les manifestations folkloriques ont débuté plusieurs mois auparavant. C’est en effet à l’approche des fêtes de fin d’année qu’ont lieu les « répétitions de batterie », où les différentes sociétés de Gilles ont l’occasion de renouer le contact avec leurs tambours. Durant les mois de janvier et de février, prennent place successivement les « soumonces » en batterie et en musique.



Les " soumonces " en batterie et en musique se déroulent durant les mois de janvier et de février. Le temps d'une après-midi et d'une nuit, elles rappellent que le Laetare se rapproche et avec lui, le retour du printemps. (Société de Gilles " Les Commerçants", Collection CRS)



Les membres des sociétés folkloriques parcourent alors la ville revêtus de la tenue traditionnelle du mineur : casquette, sarrau bleu marine et foulard rouge à pois blancs. Ce faisant, ils se font les acteurs de ce qui constitue un des plus beaux hommages que puisse rendre une ville aux travailleurs qui l’ont bâtie à force de labeur et de courage. Enfin, deux semaines avant l’apothéose finale du carnaval, les sociétés travesties créent l’animation à l’occasion des soumonces générales. Une débauche de couleurs et de costumes s’empare alors de la cité.



Les " soumonces générales ". Deux semaines avant le Laetare, le spectacle descend dans la rue: costumes et couleurs sont omniprésents durant ce dernier rendez-vous avant l'apothéose du carnaval. (Société de Gilles " Les Commerçants ", Collection CRS)



Il est à noter qu’en parallèle à la fête et sous le patronage du Bourgmestre, grand-maître, se déroule l’intronisation des nouveaux membres de l’ordre folklorique «Les Compagnons de La Louve», fondé en 1960. Par leur serment, ils se font les garants de la préservation des coutumes louviéroises.

Le folklore d’une ville est sa quintessence. L’esprit populaire peut alors s’exprimer librement, dégagé par une convention tacite à laquelle adhère tout participant au carnaval : « Réjouis-toi et oublie tes soucis ! » Le folklore de La Louvière ne déroge pas à la règle et il est à son image : ouvert, accueillant et chaleureux. En fait, le Laetare est affaire de passion : être Gille constitue un héritage précieux et vivant qui se transmet de génération en génération, avec un sens aigu de la fête et de la tradition. C’est ainsi que, lorsqu’arrive ce moment tant attendu du Carnaval, ces trois jours d’exception où le spectacle descend dans la ville, La Louvière s’offre au visiteur dans ce qu’elle a de plus beau : son Laetare.

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