Léopold Dupuis, alias le « Vî-Stou »


Léopold Dupuis naquit à La Louvière le 27 mars 1859, un dimanche de Laetare, sur la Place du Marché.


Léopold Dupuis, dit « Le Vî-Stou ».


C’était sans doute prédestiné car, outre son activité folklorique, Léopold Dupuis fut d’une prodigalité et d’un éclectisme rares: comédien, chanteur et chef de chorale, animateur, musicien, auteur dramatique.... La liste est longue.

Avant de passer en revue sa contribution au folklore louviérois, il importe d’expliquer l’origine du surnom dont il fut affublé : le « Vî-Stou ». Il est à noter que ce surnom constitue, encore de nos jours, la dénomination d’un établissement très connu du Centre-ville.
Vers la fin du 19ème siècle, les sociétés musicales étaient nombreuses à La Louvière, ainsi que dans la région. Le salon du « Cron Pî » était le siège de la fameuse Fanfare de Sars Longchamps, des Charbonnages de Bouvy. Juste en face, le salon « Mainil » était lui le siège de la grande « Harmonie Libérale », la société rivale. Le jeune Léopold Dupuis habitait à deux pas, sur l’actuelle Place Mansart et assistait très souvent en compagnie de son père, aux répétitions hebdomadaires de ces deux grandes sociétés. La vocation musicale lui vint dès lors naturellement. En 1883, à 24 ans, il était sous-chef de la chorale de la fonderie Cambier, du quartier du Hocquet et, en 1884, il créa à La Louvière la fameuse chorale « Les Vîs Stoumaques ».

Pourquoi ce nom ?

En fait, Léopold Dupuis soutenait et aidait fort amicalement plusieurs chorales de la région : à Jolimont, aux Deux Houdeng, à Bracquegnies. Et c’est précisément au sein de la chorale de Bracquegnies qu’il trouva cette expression pittoresque.
Cette chorale comptait en effet dans ses rangs, quelques vieux chanteurs, dont un bon nombre d’anciens mineurs qui, la mauvaise saison revenue, ne pouvaient réprimer leur toux chronique. Ces aînés se moquaient d’eux-mêmes, en souriant de leurs « vîs stoumaques », leurs « vieux estomacs » en wallon. Léopold Dupuis trouva l’expression appropriée et la proposa pour titre de la chorale qu’il venait de créer à La Louvière. Lui-même en fit son pseudonyme : le « Vî-Stou ».
La chorale « Les Vîs Stoumaques » comptait plus d’une centaine de chanteurs, parmi lesquels toutes les catégories sociales étaient représentées. Elle prit par la suite un autre nom : « L’Emulation », mais Léopold Dupuis conserva son propre surnom.

Mais revenons-en à sa participation carnavalesque.
En 1892, toujours fort bien inspiré, il fonda une société d’amis fort gais, amateurs de musique et particulièrement friands d’exploits carnavalesques. Ils sont plus d’une douzaine pour créer un orchestre ambulant dont le but est d’animer les soirées du Carnaval, en visitant les cafés de La Louvière. Tous devaient faire preuve d’un talent musical et ils portaient le même travesti qui évoluait d’année en année. Ainsi naquit :

Le Bacchanal Club (1895-1906).


Le Bacchanal Club (1895-1906). Léopold Dupuis se trouve dans la rangée du milieu, il est troisième en partant de la gauche.



Les membres de ce groupement sortaient le dimanche soir du Laetare et le lundi, après la dislocation du cortège. De préférence, ils choisissaient les cafés les moins envahis, pour évoluer à l’aise et pour y attirer du monde. Dès le départ de leur local, ils semaient la gaieté. Inutile de dire qu’un certain nombre de suiveurs les accompagnaient dans leurs évolutions.
Le départ de Georges Urbain, membre fondateur, suite à son appel au port d’Anvers, créa un vide sensible. Les sorties du Bacchanal Club s’espacèrent. En 1906, il apparut encore au Carnaval de La Louvière et disparut par la suite.


La carte de soutien du Bacchanal Club, telle qu’elle était vendue en 1895. L’argent récolté était offert aux pauvres de la ville.



Dans un autre registre, Léopold Dupuis fut à l’origine, avec Floribert Deprêtre, de la création du journal patoisan « Le Mouchon d’Aunia », dont la première parution remonte à novembre 1912.
Il s’éteignit à La Louvière, le 9 janvier 1932.


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